Les Châteaux



Le Saint Ulrich

Le Saint Ulrich ou Grand Ribeaupierre est fondé par Reginbold avant 1038 - à cette époque, une guerre l'oppose victorieusement au comte d'Eguisheim - sur un emplacement peut-être occupé depuis le néolithique, sinon l'empire romain. Le château comporte alors un donjon en pierre à bossages, dont l'angle est orienté vers l'attaque ; il est la base de l'actuel ; au pied du donjon sont édifiés des logis en bois dont rien ne subsiste. Il est fief d'empire : en 1084, Henri IV l'offre à l'Eglise de Bâle ; repris par l'empereur en 1114, il est rendu à l'Eglise par Frédéric Barberousse en 1162. A cette époque, le château est reconstruit en pierre ; il occupe la partie nord du rocher, autour du donjon. La première lignée des Ribeaupierre s'est éteinte, l'évêque le donne en fief à un ministériel impérial, Egenolf d'Urslingen, qui en reprend le nom.

Au début du 13ème siècle, on construit un autre château sur la partie sud du rocher ; il comprend l'actuelle salle des chevaliers, ainsi qu'un petit donjon en arrière. Il est totalement distinct du premier. En 1281, Rodolphe de Habsbourg y passe la nuit ; six ans après, il l'assiège pour essayer de calmer l'ardeur du bouillant Anselme de Ribeaupierre, sans grand succès.

Au 14ème siècle, un rempart à l'ouest relie les deux châteaux pour donner l'illusion d'une seule fortification et l'entrée est dotée d'une barbacane. Le palais roman est doté d'un étage supplémentaire gothique dont on voit des restes sur des lithographies du 19ème siècle. En 1435 est consacrée la chapelle Saint Ulric qui laissera son nom au château. Mais dès le 15ème siècle, le château est délaissé par les Ribeaupierre qui s'installent en ville et il tombe petit à petit en ruines.

Le Girsberg

Sur le plan de l'architecture médiévale, ce tout petit château est une des grandes réussites du 13ème siècle. Sur un espace très réduit, il place un donjon pentagonal dont l'angle est orienté vers la pente, prolongé par une courtine qui épouse exactement le tracé du rocher. Construit en plusieurs étapes dès 1300 en pierres à gros bossages, le donjon est rehaussé un siècle plus tard. Le château est construit sous le nom de Stein (la Roche), d'une part parce que la famille s'est agrandie, d'autre part pour éviter que le rocher serve à des agresseurs en cas de siège du grand château. Il est endommagé en 1288, à la suite d'un orage avec grêle qui incendie les toits. En 1303, la famille de Girsberg, ministériels d'empire autrefois attachés au Hohenstaufen, veut quitter ses positions devenues intenables dans le Val de Munster ; les tractations avec les Ribeaupierre aboutissent en 1316 : ils échangent leurs possessions avec le Stein qu'ils restaurent et qui prend leur nom. Ils y restent installés jusqu'à l'extinction de la famille au milieu du 15ème siècle ; les Ribeaupierre récupèrent alors le fief, qui est sans doute abandonné et tombe petit à petit en ruines.

Le Haut- Ribeaupierre

Bien qu'on ait recueilli au sommet de la montagne des monnaies romaines du 4ème siècle, l'ancien nom d'Altenkastel ne doit pas faire illusion : il signifie simplement "château d'en haut" et non "vieux château". Son emplacement l'apparente aux grandes enceintes avec donjon rond, caractéristiques du 13ème siècle : il semble bien qu'il doive son existence à l'Interrègne. Les Ribeaupierre le tiennent en fief de l'Eglise de Bâle et le confient à un ministériel qui prend le nom d'Altenkastel.

Au 14ème siècle, les défenses sont améliorées (construction d'un mur- bouclier). Le donjon sert de prison au chevalier anglais John Harleston de 1384 à 1387, puis à des juifs à qui on fait avouer qu'ils ont empoisonné des puits, enfin en 1447 à Philippe de Croy que le chevalier de Ribeaupierre a fait prisonnier lors de la bataille de Nancy contre Charles le Téméraire.

Au 16ème siècle, le château est encore modernisé contre les armes à feu. Il a sans doute été abandonné après la guerre de Trente Ans.

Le château bas ou 4ème château

A la fin du 15ème siècle, les Ribeaupierre construisirent un château à Ribeauvillé même, dans l'angle nord-ouest de l'enceinte de la ville. C'était un grand bâtiment de trois niveaux, flanqué de deux tours, non loin d'une ancienne chapelle dédiée à Sainte Marguerite ; ils l'agrémentèrent de jardins en terrasse sur plus d'un hectare et le meublèrent avec goût et luxe. Il comportait une trentaine de chambres qui devinrent la résidence ordinaire des seigneurs et reçurent nombre de visiteurs de marque. Une des pièces comportait trois poêles de grande dimension immortalisés dans un dicton. A l'extinction de la famille, leurs successeurs continuèrent d'entretenir le domaine mais ne l'habitèrent guère.

Lors de la Révolution, le château fut confisqué, les trésors de l'ameublement et la plus grande partie du matériel furent dilapidés ; le château servit d'abord de prison puis d'hospice. Il devint ensuite propriété privée, des bâtiments en mauvais état furent démolis et il perdit un étage. En 1890, il fut acquis par la ville de Ribeauvillé qui y installa un collège devenu depuis lycée: le lycée Ribeaupierre.

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